samedi 6 mai 2017

SOUTENANCE

Enfin la soutenance fin juin 2017

mardi 30 décembre 2014

Première partie

Je rends ma première partie demain soir.

dimanche 15 juin 2014

L'écriture

C'est parti pour l'écriture. Première partie : présentation de la pratique

vendredi 18 avril 2014

vendredi 23 août 2013

Etape analyse

J'ai fini les entretiens, 26 en tout. J'ai commencé à les analyser et à rédiger. Je fixe une date pour la soutenance en juin 2015.

mardi 15 janvier 2013

Fanfonne Guillierme

"Je ne voulais pas me marier. ..., je n'aurai pas du tout pu faire ce que j'ai fait. Comme j'avais des frères et soeurs, petits neveux, je ne vois pas pourquoi j'aurai fait cette bêtise là. Je suis mariée avec les taureaux, voilà (rires), surtout les chevaux". Extrait 18/11/1985 INA

lundi 1 octobre 2012

Rentrée

Séminaire aujourd'hui au labo GTM sur la sociologie du genre avec Isabelle Clair et Anne Revillard. Très intéressant. Manuels de présentation du champ. Traitant des principaux axes de la socio du genre : travail, sexualité, politique, socialisations, intersections...

vendredi 21 septembre 2012

Modification sujet de thèse

J'oriente ma thèse sur les femmes gardians et les manadières seulement.

dimanche 15 avril 2012

Analogie équitation camargue, voyage à moto et marche

"Emprunter les chemins de traverse revient à laisser derrière soi un monde de compétition, de mépris, de désengagement, de vitesse, de communication... Anachronique dans le monde contemporain, qui privilégie la vitesse, l'utilité, le rendement, l'efficacité, la marche est un acte de résistance privilégiant la lenteur, la disponibilité, la conversation, le silence, la curiosité, l'amitié, l'inutile, autant de valeurs résolument opposées aux sensibilités néolibérales qui conditionnent désormais nos vies. Prendre son temps est une subversion du quotidien, de même la longue plongée dans une intériorité qui paraît un abîme pour nombre de contemporains dans une société du look, de l'image, de l'apparence, qui n'habitent plus que la surface d'eux-mêmes et en font leur seule profondeur". in "Marcher" de David Le Breton, 2012, ed Métailié (p. 17)

lundi 9 avril 2012

Le concept de "genre", en 4 parties

Le genre, une construction sociale

Laure Bereni, Éric Fassin, Fabrice Virgili et Danièle Voldman, interrogés pour Mediapart par Antoine Perraud dans la bibilothèque Jean-Maitron du CHS (Centre d'histoire sociale du XXe siècle – Paris I-CNRS)

partie 1
partie 2
partie 3
partie 4

mardi 13 mars 2012

Femme et voyage à moto

Une jeune femme française, Mélusine, qui voyage seule à moto : un voyage en 125 Honda Paris - Vladivostok 22000 km en 3 4 mois et un voyage en 800 Honda Paris - Kirghiztan 27000 km en 4 mois.

mercredi 29 février 2012

Lectures

Je pense également me rapprocher d'autres pratiques comme l'équitation western et construire les analogies entre cowgirls dans l'ouest américain, les femmes gardians en Camargue et les femmes qui voyagent à moto.
Sophie

lundi 23 janvier 2012

Extrait thèse Oudin sur la passion de la moto

Ethnologie du quotidien des « passionnés de moto ».
Construction d’un être au monde par l’investissement d’une machine.
Thèse dirigée par Liane MOZERE
Juin 2009

Une virilisation des pratiquantes.
Geneviève Pruvost souligne que dans le cas d’une femme dans un « métier d’homme » comme la police, celle-ci est placée dans une zone trouble où elle doit gérer son identité de genre, et justifier de son insertion dans cet univers que les profanes vont estimer inadapté à une femme. C’est tout autant le cas de la femme policier que de l’ethnologue féminine sur un terrain fortement masculinisé. Dans les deux cas, on note que l’engagement dans une pratique masculine tend à viriliser les femmes, ou tout du moins à atténuer les signes de leur genre.
On peut donc, en montant en généralité à partir de cet exemple et de nos constats de terrain, parler de virilisation croissante de la femme au fur et à mesure que son engagement s’approche de celui des hommes. La motarde est ainsi davantage virilisée que la passagère. Comme le souligne Christine Mennesson, la femme dans un monde d’hommes est virilisée, il lui reste alors peu d’espace pour exprimer sa féminité. Ainsi, même lorsque les pratiquantes s’approchent du modèle masculin, les différences subtiles vont être surinvesties symboliquement. Il en va de même des motardes que l’on peine à identifier sous l’équipement
spécifique à la conduite d’une moto : le casque masque leur visage, les gants leurs mains, le blouson leur poitrine, l’ensemble du corps est couvert, à l’exception de quelques zones. Ces dernières vont être surinvesties, à l’image des « yeux de biche », de la « queue de cheval qui dépasse du casque » ou encore de quelques jeux avec l’équipement tels que le port d’une broche, le choix d’un équipement coloré (rose ou blanc en général, couleurs peu présentes dans l’équipement masculin), de chaussures à talon (certaines bottes moto sont aujourd’hui équipées de talons, à l’attention exclusive des motardes) ou de « jeans sérés » afin de souligner « un joli petit cul » sur la selle de la moto, dixit une motarde.

samedi 17 décembre 2011

Rose-Marie Lagrave, sociologue

Certains éléments de ces conférences me permettent de réfléchir à ma trajectoire ainsi qu'à mon choix d'objet d'étude et deviennent à mes yeux mes portes-paroles. Parcours scolaire me classant moi aussi parmi les non-héritiers, élève/ étudiante méritante (Bourdieu).

http://www.institutemilieduchatelet.org/Conferences/conference-Lagrave.html
Extrait conférence. "Resituer de quelle manière ma trajectoire biographique a guidé mes investissements scientifiques. Montrer que l'engagement féministe n'est pas un obstacle pour faire de la sociologie car les deux sont sources de savoir qu'il faut articuler.... Ecole fut ma planche de salut... Agencer origine sociale et champ scolaire "La fierté d'être boursière s'est cependant très vite transformée en honte sociale" (lycée d'Etat des jeunes filles de Caen, en Normandie). Arrivée dans le dortoir. - Riches et pauvres. Classes sociales -... Les jeunes filles du village où j'habitais étaient pareillement habillées et pauvres. Mon trousseau et mes vêtements... se sont révélés être des marqueurs de ma condition. Stigmate par les apparences. Les surveillantes soulignaient que je faisais tâche. Certaines professeures qui avaient compris les enjeux ... pour les classes déshéritées m'ont encouragé, et je leur dois beaucoup... (Après le bac, la fac. Ecrit à sa prof du lycée qu'elle ne comprend rien au cours de Lyotard et qu'elle n'est pas faite pour les études supérieures, qui lui répond de "s'accrocher, vous ne pouvez pas en tirer de conséquences") 9.57 Et je crois que sans cette lettre, surtout de cette dame, de cette professeure, je crois que j'aurai déclaré complètement forfait, d'autant que j'étais une étudiante salariée... Mon parcours m'a assez porté à appréhender le monde en terme d'inégalité entre les classes sociales et à rejeter le monde des femmes et rien ne laisser présager une quelconque rencontre avec le féminisme. Pourquoi ? D'abord la figure soumise de ma mère, le nombre de mes soeurs, la vie en pension dans un lycée de filles. Tout cet enfermement féminin m'a conduite à une cecité à l'égard des inégalités de genre opposant un véritable déni à ce qui se passait sous mes yeux au profit des inégalités de classe... (Dans les années 70)... ce travail collectif aux incidences individuelles... mettant au jour le poids des structures hiérarchiques qui distille la honte de soi, sentiment fréquent dans les classes populaires... 20.30 ... Annie Ernaux Didier Eribon dans "Retours à Reims" et s'il distille la honte de soi en tant que classe sociale, il distille aussi la honte de soi en tant que femme. Donc pour moi consentir à être soi, ce qui est le pire des choses dans la vie pour y arriver, c'est une sorte de travail de conciliation ou plutôt de réconciliation entre classe sociale et genre. En sorte qu'à présent je dirais j'entretiens un travail individuel plus apaisé aux deux mais surtout pour moi l'important, c'est que c'est un rapport combatif en terme d'égalité des chances concernant génériquement les femmes et les classes sociales dominées."

Christine Delphy

http://www.institutemilieduchatelet.org/Conferences/conference-Delphy.html
Extrait conférence Christine Delphy "7.38 Les cours qui m'ont le plus intéressés étaient ceux de psychologie sociale, Maisonneuve, parce que j'y ai appris que tout ce que nous prenons pour des réactions naturelles et que nous attribuons à la nature humaine universelle étaient en fait des réactions culturelles. Ca m'a fasciné et ça m'a délivré ... 12.30 Après ma licence de sociologie, j'ai obtenu une bourse pour aller aux Etats-Unis, j'étais à l'université de Chicago ... je voulais étudier avec Erving Goffman. Sa vision du monde social est absolument indispensable.... J'avais du temps... j'ai lu l'oeuvre entière de Freud. Je l'ai lu avec un sentiment croissant d'indignation mais aussi de soulagement. D'un côté, j'étais horrifiée par la perversité de sa théorie. En quoi sa théorie est-elle perverse ? Parce qu'elle énonce une infériorité psychologique des femmes, d'où découlerait leur infériorité sociale mais elle en fait porter la responsabilité aux femmes elles-mêmes, à leur propre perception de leur anatomie. En même temps, cette théorie dit que leur perception est fondée..."

mardi 8 novembre 2011

EXTRAIT Lévi-Strauss

"A quoi sert l'ethnologie en général ?
C'est une des nombreuses manières d'essayer de comprendre l'homme. Si on veut comprendre l'homme, on peut à la manière du philosophe se replier sur soi-même et essayer d'approfondir les données de la conscience. On peut essayer de regarder ce qui dans les manifestations de la vie humaine est le plus proche de nous : considérer notre histoire depuis ses origines gréco-romaines jusqu'aux temps modernes. Ou bien on peut essayer d'élargir la connaissance de l'homme pour y inclure même les sociétés les plus lointaines qui nous paraissent les plus humbles et les plus misérables, de manière à ce que rien d'humain ne nous reste étranger".

EXTRAIT Bourdieu - Réalisateur Pierre Carles, 2001 "la sociologie est un sport de combat"

Bourdieu, invité à la radio Droit de cité : "le sociologue, comme tous les scientifiques, essaye d'établir des lois, saisir des régularités et des manières d'être régulière et d'en définir les principes. Pourquoi les gens ne font pas n'importe quoi, pourquoi ils font ce qu'ils font, pourquoi par exemple les fils de professeurs réussissent mieux à l'école que les fils d'ouvriers ? Pourquoi, ça veut dire : comment ça se fait que ça se passe comme ça dans le monde social et pas autrement.
A propos de la reproduction sociale. Le monde social n'est pas une espèce de mouvement perpétuel, de changement permanent. Un des mots que les sociologues avaient le plus à la bouche, c'est le mot mutation. Encore aujourd'hui : les femmes changent... Moi j'ai eu très vite l'impression qu'il y a des stabilités, de l'inertie... des constantes, qui rendent la science possible. Et de les expliquer, pourquoi c'est comme ça, alors on arrive à l'inégalité. Alors parmi les facteurs de stabilité, de permanence, il y a évidemment la transmission de capital : le papa riche peut donner de l'argent à son fils pour qu'il crée une entreprise. Par exemple, s'il fait des études pas terribles, il a tout raté, même une petite école commerciale comme font les fils à papa aujourd'hui, le papa peut lui donner un pécule, puis il démarre. Du coup, il va se reproduire, il tombera pas, il deviendra pas ouvrier. Aujourd'hui de plus en plus, il y a une autre forme de capital, que j'appelle le capital culturel. C'est plus difficile à définir, c'est d'abord la langue, c'est une certaine maîtrise de la langue. La langue française mais la bonne langue française. Bien sûr tout le monde parle la langue française en France, même les immigrés qui sont là depuis 1 an, ils parlent la langue française, mais c'est une langue française qui n'a pas de valeur sur le marché scolaire. C'est la langue, c'est tout ce qui va avec. C'est ce qui s'acquière dans les familles cultivées. En écoutant papa raconter des histoires, en lisant les livres, même les livres d'enfants. C'est un capital, ce sont des ressources rares, inégalement distribuées, il y en a qui en ont plus que d'autres, et qui du fait de cette inégalité de distribution donne des profits, des profits de rareté. Si tout le monde avait la même quantité, si tout le monde parlait parfaitement le français, sans accent, il y aurait aucun mérite à parler français, donc ça n'aurait pas d'effet. C'est parce qu'il y a des différences que ça paye de bien parler le français. (Bourdieu évoque alors une étude américaine sur l'école)...
Il y a des pré-savoirs. C'est : comment se tenir, comment arriver, ne pas jeter le cartable par terre, tenir son cahier propre, des tas de trucs.
Un autre facteur, c'est : à capital culturel égal, il y a un autre facteur d'inégalité, c'est la bonne volonté à l'égard du système scolaire, ce qu'on appelle la docilité, c'est-à-dire du latin, qui se laisse instruire...
Aujourd'hui de plus en plus, dans les sociétés contemporaines développées mais même les autres, la reproduction des inégalités se fait de plus en plus à travers la transmission du capital culturel. Quand j'ai commencé à travailler, on disait : "la mobilité sociale, les Etats-Unis ils sont le pays de la mobilité, self-made man, etc., c'est du bidon, c'est du pipo"...

samedi 29 octobre 2011

Premières lectures et concepts

Concept : hexis corporelle, habitus, disposition.
Auteurs : Mennesson, Pruvost, Penin, Court, Bourdieu, Lahire, Louveau

mardi 25 octobre 2011

Thèse

Inscription (en cours) à PARIS 8 en doctorat avec Catherine Louveau comme directrice de thèse.
Claude Dargent, directeur du laboratoire GTM CRESPPA
Terrain : femmes gardians et femmes motardes.

jeudi 19 mai 2011

Motarde voyageuse / gardiane

Droits réservés.

Sensation de liberté, évasion, contact avec la nature, effort physique.

mercredi 13 avril 2011

Départ d'une Bandido




La bandido est un mot provençal (du provençal bandir ou fòrabandir, « expulser » les taureaux) : retour des taureaux des arènes vers le char (camion) ou vers les près, encadrés par les gardians.

mardi 1 mars 2011

Dossier de presse sur ma recherche

Pour info, dans moto mag du mois de mars 2011 "Plein phare sur les motardes" reprend les points essentiels de mon mémoire de master 2.
+ 2 encadrés : enquête P. Petit sur la discrimination au travail et manif du 6 mars "Toutes en moto"

lundi 14 février 2011

Table des matières Master II sur les motardes

Décembre 2010, sous la direction de Marie Ménoret
« Construction des identités de genre chez quelques femmes motardes :
analyse et déconstruction des préjugés »
TABLE DES MATIERES
Remerciements 2
INTRODUCTION 6
A- Thème de recherche : identité, genre 6
B- Autres recherches sur ce thème : revue critique 7
B-2 Le concept de genre 7
B-3 La notion d’identité 8
C- Problématique, exemple de la moto 10
C-1 Construction de l’objet 10
C-2 Mes préjugés sur la question 12
C-3 La déviance de la motarde dépend du contexte et du regard des autres 14
C-4 Hypothèses 15
C-5 Organisation du mémoire 17
D- Méthodologie 19
D-1 Chiffres et terminologie 19
D-2 Echantillon 20
D-3 Entretiens 21
D-4 Observation participante de trois groupes 22
D-4-1 Un groupe international 23
D-4-2 Deux groupes français 24
D-4-5 Rencontre d’autres motardes, hors échantillon 25
D-4-5-1 Participation à des discussions sur des forums de motardes sur internet et par mail 25
D-4-5-2 Interconnaissances de motardes : 25
CHAPITRE I : La moto et les femmes, d’un point de vue social 26
1-1 Accès des femmes à la moto 26
1-1-1 Facteurs favorables 26
1-1-1-1 Mixité, parité hommes / femmes ou mobilité du genre 26
1-1-1-2 Emancipation et avancées des femmes 26
1-1-1-3 Evolution de l'image et avantages de la moto 28
1-1-2 Facteurs défavorables 28
1-1-2-1 Déviance, stéréotypes de genre et préjugés 28
1-1-2-1-1 Le stéréotype de genre : fragilité et soumission 28
1-1-2-1-2 La déviance n’est pas une transgression mais une étiquette attribuée 31
1-1-2-2 Ancrage du genre dans l’enfance 32
1-1-3 Conclusion 33
1-2 Les femmes motardes enquêtées : leur entrée dans la moto 34
1-2-1 Comment sont-elles devenues motardes ? 34
1-2-1-1 La moto relève d’un désir ancien 34
1-2-1-2 Environnement favorable : le père ou le frère ou le mari (compagnon ou compagne)
est motard(e) 36
1-2-1-2-1 Un mari, un compagnon ou une compagne motard(e) 36
1-2-1-2-2 Un père motard 38
1-2-1-2-3 Un frère motard 38
1-2-1-2-4 Un ami motard 38
1-2-1-3 Beauté, dépassement de soi, liberté et nature 39
1-2-1-3-1 Liberté 39
1-2-1-3-2 Dépassement de soi 41
1-2-1-3-3 Beauté 41
1-2-1-3-4 Nature, refuge et évasion 41
1-2-2 Le permis et l’apprentissage 42
1-2-2-1 L’étape du permis : épreuve redoutée par qui, pour qui ? 42
1-2-2-1-1 Le permis, c’est facile 42
1-2-2-1-2 Le permis, c’est difficile 43
1-2-2-2 Apprentissage de la conduite d’une moto sans passer le permis 45
1-2-2-2-1 Conduire sans permis, c’est légalement possible en Belgique 45
1-2-2-2-2 Conduire sans permis A : le cas des motos de petites cylindrées 46
1-2-2-3 La moto, c’est technique ou/et physique ? 48
1-2-2-3-1 Acquisition d’une technique 48
1-2-2-3-2 La conduite sur piste : une meilleure maîtrise du pilotage 49
1-2-3 Choix de la moto : sportive, routière, custom 50
1-2-3-1 Les motos lourdes et puissantes 50
1-2-3-2 Les motos de type custom : les Harley 50
1-2-4 Réactions de l'entourage 52
1-2-4-1 Indifférence 52
1-2-4-2 Opposition : la moto, c’est dangereux et fait peur 52
1-2-4-3 Etonnement, enthousiasme, fierté 54
1-2-4-4 Continuité des dispositions 56
1-2-5 Conclusion 57
CHAPITRE II : Genre, sexualité, corps 57
2-1 Construction du genre chez quelques motardes 57
2-1-1 Dispositions de genre et sexualité 57
2-1-1-1 Discontinuité sexe biologique et sexe social : le genre ne traduit pas le sexe 59
2-1-1-2 Continuité sexe et genre : le genre traduit le sexe 62
2-1-1-3 Mobilité des dispositions de genre et de la sexualité 65
2-1-2 La féminité comme construction sociale 65
2-1-2-1 Masculin, féminin : notion liée à un contexte. Exemple de la montagne 65
2-1-2-2 Représentation de la « féminité » comme norme chez la motarde 66
2-1-2-2 Revendication d’une certaine « féminité » 67
2-1-3 La virilité comme construction sociale 68
2-1-3-1 La fabrication des valeurs masculines dans le sport 68
2-1-3-2 La virilité dans un groupe mixte de motardes et motards 69
2-1-3-3 Rivalités 71
2-1-3-3-1 La rivalité chez les motardes 71
2-1-3-3-2 Ni rivalité, ni machisme et ni virilité chez les motardes 72
2-1-3-3-3 Moins de jugement et moins de rapport de forces entre motardes 73
2-1-4 Conclusion 74
2-2 Sexualité et moto 75
2-2-1 « Une motarde est forcément une lesbienne » 75
2-2-2 Socialisation des motardes lesbiennes, éviter l’étiquetage 77
2-2-3 Double stigmate : lesbienne et motarde 77
2-2-3-1 Cacher son homosexualité pour ne pas prendre le risque de perdre son travail 78
2-2-3-2 Etre lesbienne, ça se voit et c’est risqué 79
2-2-3-2-1 Autocensure 79
2-2-3-2-2 Stigmate 80
2-2-3-2-3 Le genre traduit la sexualité 80
2-2-2 Discrétion demandée et invisibilité de motardes lesbiennes en France 81
2-2-3 Conclusion 81
2-3 La maternité, l’enfant et le corps 82
2-3-1 Maternité 82
2-3-1-1 La responsabilité parentale est un frein à la pratique de la moto 82
2-3-1-2 La grossesse est un frein à la pratique de la moto 83
2-3-1-3 La moto n’est pas un frein à la maternité : rouler enceinte 84
2-3-2 Le corps 84
2-3-2-1 La taille 85
2-3-2-2 Force et technique 86
2-3-2-3 Une bonne technique de conduite fatigue moins 86
2-3-2-4 Technique et poids de la moto 87
2-3-3 Conclusion 88
CHAPITRE III : La pratique de la moto par les femmes 89
3-1 Les risques en moto 89
3-1-1 Comportement à risque : une déviance du motocycliste 89
3-1-1-1 Les femmes motardes aiment-elles la vitesse ? 89
3-1-1-2 Les femmes motardes sont-elles prudentes et réfléchies ? 94
3-1-1-3 La vitesse, une mise à l’épreuve du corps 96
3-1-1-4 Les différences de risques entre circuit et route 98
3-1-1-5 Le risque sur circuit vu par une pilote de course 98
3-1-2 Mécanique, autre dimension fondamentale de la moto 99
3-1-2-1 La mécanique, une activité sexuée ? 99
3-1-2-2 Etre motocycliste n’est pas forcément être mécanicien 100
3-1-2-3 Bruit de la moto : spécificité et nuisance sonore 101
3-1-3 Equipement 101
3-1-4 Conclusion 103
3-2 Les usages 105
3-2-1 Déplacement, voyage 105
3-2-1-1 Exemple d’usage : le voyage à moto 105
3-2-1-1-1 Voyage hors Europe 106
3-2-1-1-2 Se donner les moyens de vaincre ses handicaps, sans préjugés. 107
3-2-1-1-3 Limites du dépassement de soi, du courage et des risques 107
3-2-1-1-4 Recherche de modèles : ne pas être la première femme à franchir le cap 107
3-2-2 Sport et compétition 109
3-3 Pratiques individuelles et/ou collectives 113
3-3-1 Pratique solitaire 113
3-3-2 Pratique collective 113
3-3-2-1 Socialisation avec ses pairs, les femmes 113
3-3-2-1-1 Les femmes conduisent moins vite que les hommes 113
3-3-2-1-2 Les femmes sont moins rivales entre elles 113
3-3-2-2 Socialisation homme femmes 114
3-3-2-2-1 Le groupe protège et soutient 114
3-3-2-3 Culture : l’esprit motard chez les motardes? 115
3-3-2-3-1 Esprit motard, communauté ? 115
3-3-2-3-2 Un rassemblement de bikers Harley-Davidson 115
3-3-2-3-3 Solidarité 116
3-3-3 La moto, vécue comme une passion 116
Conclusion des usages et pratiques 116
CONCLUSION 118
BIBLIOGRAPHIE 122
ANNEXE 1 – Echantillon 125
ANNEXE 2 – Questions 127

lundi 3 janvier 2011

Femmes gardians en Camargue

C'est souvent par la famille qu'une femme apprend la pratique du gardian. A priori, il existe des femmes gardians amateurs mais aucune ne serait salariée d'une manade.
Le travail consiste à trier, traiter les bêtes, participer au ferrade, abrivados.

dimanche 2 janvier 2011

Masculin / féminin : deux mondes distincts

En 2005, lors d'une conférence, Irène Théry disait "que nous ne voulons plus, semble-t-il, vivre dans cette séparation de deux mondes : un monde masculin plutôt du public, plutôt du politique, du travail et un monde féminin plutôt du privé, de la famille, des enfants.

Hannah Arendt aurait dit : un monde féminin de la perpétuation de la vie et un monde masculin de la transformation du monde : l'art, la science, la politique, la guerre".

samedi 25 décembre 2010

Construction de mon projet de thèse : mes 2 terrains

Mes deux terrains seront : les femmes motardes et les femmes gardians ou femmes manadiers.

Le gardian (du provençal gardian, littéralement « gardien ») est le gardien d'une manade en camargue.

La manade : troupeau libre de taureaux, de vaches ou de chevaux.

Fanfonne Guillierme : femme manadière camarguaise. Elle est appelée la Grande Dame de Camargue (31 octobre 1895 - 22 janvier 1989)

samedi 18 décembre 2010

Projet

J'ai enfin soutenu mon mémoire au bout de 5 longues années. Quel soulagement ! mon travail a beaucoup plu au jury, je suis très contente. En tous cas, je remercie les motardes qui m'ont donné de leur temps, mes proches, ma directrice de mémoire et mes collègues pour leur soutien. Je vais maintenant écrire un projet de thèse toujours sur les motardes mais avec un angle différent.

mercredi 1 septembre 2010

Soutenance en janvier 2011

J'avance doucement mais sûrement.
Au total, une vingtaine d'entretiens de motardes d'une heure en moyenne, avec des profils de motardes variés quant à leurs trajectoires sociales, leurs attentes et usages de la moto.
Questions : les femmes motardes, minoritaires dans la pratique de la moto par rapport aux hommes, sont-elles étiquetées "hors normes" par rapport à des conventions de genre et des codes de la "féminité" ? Comment ces femmes motardes composent et construisent une "féminité" singulière et se conforment-elles à leurs rôles "féminins" tout en pratiquant une activité "masculine" ?

jeudi 11 mars 2010

Questions

Au fur et à mesure de mon travail, les questions se précisent.

- Les motardes ont-elles des professions fortement masculinisées ?
- Les motardes ont-elles plus de goût pour les sports dits masculins ?
- Une activité peu féminisée peut-elle être considérée comme une activité masculine ?
- Existe-t-il des attentes relatives au sexe ? Si oui, quelles sont ces attentes ? Qui les énoncent ?
- Comment les motardes se représentent-elles la féminité ? Sont-elles en décalage par rapport cette représentation ?

mercredi 10 mars 2010

Dispositions de genre

Les femmes motardes ont une activité masculine au sens où la moto est plus largement pratiquée par les hommes.
La pratique de la moto comprend des risques corporels et du danger. Elle expose la motarde à l'accident. La moto ne possède pas de carrosserie donc la motarde est moins protégée. Elle expose davantage la motarde car la moto est puissante.
Cette disposition pour le risque, ce goût pour le risque, qu'a la motarde peut se retrouver dans d'autres de ses pratiques (sports, loisirs, profession...) mais pas toujours.
Ainsi une motarde qui pratique le parachutisme ou qui a un mode de vie précaire, instable, sera cohérente d'un point de vue de ces dispositions à la prise de risque.
Mais une motarde qui pratique la danse classique perdra de sa cohérence du point de vue de ses dispositions.
Il convient donc de ne pas généraliser cette déviance que l'on trouve chez une femme motarde. Elle dévie par sa pratique de la moto mais ce décalage par rapport à son sexe, c'est plutôt les hommes qui font de la moto, n'est pas général et ne peut être généralisé à d'autres de ses pratiques ou attitudes.
Ainsi, la motarde n'est pas toujours une lesbienne, elle peut être hétéro. Elle n'est pas toujours une "minette" mais peut le revendiquer. Elle peut être mère et hétéro, grand-mère et lesbienne, grand-mère et hétéro. Elle peut être chauffeur de bus, moto-taxi, motarde dans la police, ou à l'opposé faire un métier davantage exercé par les femmes comme documentalistes ou infirmières.

mardi 9 mars 2010

Clara Zetkin

Le 8 mars 1910, Clara Zetkin crée la "Journée internationale des femmes" afin de militer pour le droit de vote et l'égalité entre les sexes.

dimanche 7 mars 2010

Manifestation Femmes motardes

Nous étions plus d'une centaine.

Pour voir les photos :
http://icietailleurs-sophie.blogspot.com

Ecriture du master

J'ai commencé l'écriture vendredi.

Mes 25 entretiens de femmes motardes ont eu lieu en 2004 et en 2009.

Manifestation Femmes motardes

En hommage aux femmes et à l'occasion de la 99ème journée internationale de la Femme, défilé de femmes motardes cet après-midi dans Paris. Départ esplanade du Château de Vincennes à 14 h.

Voir le site :
www.toutesenmoto.com

mercredi 20 janvier 2010

Transcription du dernier entretien

Ca y est, cette étape touche à sa fin. 
Je vais pouvoir passer à la lecture des entretiens, à leur analyse mais surtout à l'écriture.

lundi 4 janvier 2010

Sport et homosexualité

Sur Canal + ce soir.

Encore beaucoup d'homophobie dans le sport.

Les valeurs de "masculinité"/force/ virilité qui définiraient les hommes et "féminité"/souplesse/ harmonie qui définiraient les femmes sont fortes et souvent perçues comme incompatibles avec l'homosexualité.

Celle-ci amenant forcément les hommes à des comportements de "folles" et les femmes à des "camionneuses". Ce que le sport ne serait pas censé apprendre.

Transcription

La transcription des entretiens touche à sa fin. Il me reste deux entretiens à terminer. C'est un travail pénible, long, difficile mais riche et stimulant.

L'écoute des cassettes produit des réactions et des étonnements. Parfois je souris, parfois je conteste, parfois je suis touchée.

Parfois je m'interroge et réalise que j'ai moi aussi mes préjugés.

Sur certains points je m'identifie, sur d'autres je me sens très éloignée.

Il m'arrive aussi d'avoir de l'admiration pour ces motardes, pour leur courage, pour leurs exploits.

samedi 22 août 2009

A signaler la parution en 2008 de cet ouvrage

"Les rôles et comportements des hommes et des femmes ont
longtemps été considérés comme « naturels » parce qu’ils semblaient
relever uniquement du biologique. Tout paraissait immuable et cette
apparence figée était renforcée par la tradition qui attribuait aux
hommes et aux femmes des rôles fixes. Aujourd’hui les femmes
travaillent de manière généralisée, et tout laisse à penser que l’égalité
entre les hommes et les femmes si elle n’est pas atteinte, le sera très
naturellement bientôt. Mais au-delà de ce discours qui vise à dépeindre
une égalité des genres comme une évolution naturelle, la réalité
apparaît plus complexe avec une persistance féroce de stéréotypes. Ces
stéréotypes sont structurants à la fois pour la société et l’individu, mais
ils expliquent aussi le maintien de situations inégalitaires ou
discriminantes envers les femmes et envers les hommes qui ne se
conforment pas aux attentes que l’on a d’eux- en raison de leurs choix
professionnels, orientation sexuelle ou dans le secteur de la
prostitution-. Ces stéréotypes sont perceptibles dans les représentations
sociales, les discours des différents acteurs privés, publics, associatifs
mais aussi au sein des familles et des médias. L’ouvrage propose une
réflexion thématique et tente d’expliquer comment ces images ou
préjugés sont véhiculés et peuvent avoir autant de répercussions pour la société que pour l’individu."

Sous la direction de Pascaline GABORIT
"Les stéréotypes de genres" Identités, rôles sociaux et politiques publiques

lundi 15 juin 2009

Trouver ma problématique, construire mon plan

J'ai un peu fait le tour de la question. Le sujet est vaste.

Il me faut maintenant délimiter mon sujet, lui donner un cadre, une structure et une logique.

Je ne vais pas aborder la question du genre, ni du masculin/féminin dans le cadre de ce master 2 : trop complexe, trop long.

Mes entretiens se feront auprès de la population motarde.

J'ai fait mon plan et j'ai donné un titre provisoire.

Je voudrais dresser une sorte de portrait de la population motarde à travers quelques unes de ces passionnées de voyage, de mécanique, de vitesse, de sport, de ballades, etc.

Et je vais m'attacher à montrer que les motardes sont une population diversifiée, avec des intérêts variés.

Je pense commencer mes entretiens en automne 2009 et soutenir mon mémoire en juin 2010.

vendredi 12 juin 2009

Butler, Fassin "le genre est un travail sans fin"

Pour Judith Butler, professeur à l'université de Californie à Berkeley, "le genre n'est pas donné d'avance. On l'accomplit sans cesse et en partie sans qu'on le veuille et qu'on le sache... une sorte d'improvisation dans un contexte contraignant".

Pour le sociologue Eric Fassin, le genre est sans fin. "Le fait que nous soyons sexués, ce n'est pas seulement naturel, c'est un travail sans fin. Pourquoi s'insulte-t-on, dans les cours de récréation, en se traitant de pédé ? Parce qu'il faut des rappels à l'ordre... Je suis censé être homme ou femme, mais comment me conformer à cette attente ? Non pas que tout le monde est envie d'être homosexuel ou de changer de sexe, mais tout le monde se pose des questions : "ça, ça se fait ou ça ne se fait pas ?" On a un peu moins tendance à considérer qu'un homme qui couche avec un homme n'est pas un homme, ou qu'une femme qui n'a pas d'enfant n'est pas une vraie femme. Les normes s'imposent avec moins d'évidence, mais cela ne veut pas dire que chacun fait ce qu'il veut".

jeudi 11 juin 2009

Chiffres motardes

11 733 permis A délivrés à des femmes en 2007.

mercredi 10 juin 2009

Pourquoi fait on de la moto ? Quelles sont les difficultés rencontrées lors du passage du permis de conduire ?

Quelque soit le sexe pourquoi fait-on de la moto ?

J'ai entendu ou lu :

Liberté, on peut se garer facilement (mais ça dépend ou puisqu'à Paris on est de plus en verbalisé sur les trottoirs, ce n'est pas légal (?), les parkings deux-roues sont parfois complets, ça dépend des quartiers), on peut remonter les files (illégal ?), on aime le voyage en moto, goût pour l'aventure, on aime être proche de la nature (vent, soleil, pluie), mépris du danger, réaliser un rêve, l'adrénaline est une drogue, on ne peut pas se passer de ces sensations (circuit), on peut affirmer sa féminité, etc.

Quelles raisons sont évoquées par les femmes motardes ?

mardi 9 juin 2009

Gender studies

Margaret Mead, anthropologue dans les années 30, dans Sex and Temperament in Three Primitive Societies, commence à réfléchir sur les rôles sexuels.
Robert Stoller, dans Sex and Gender, psychologue, en 1968, tente de comprendre la séparation chez certains patients entre corps et identité : il n'existe pas une réelle correspondance entre le genre (masculin/féminin) et le sexe (homme/femme).
Dès 1972, la sociologue britannique Anne Oakley, dans Sex, Gender, and Society, renvoie le sexe au biologique et le genre au culturel.
Le genre est d'abord pensé comme une construction sociale et le sexe comme une donnée naturelle.
Ensuite le sexe est aussi pensé comme une construction sociale, selon l'historien Thomas Laqueur, dans La Fabrique du sexe.

lundi 8 juin 2009

Attributs et valeurs associés au "masculin", Ferrand, "Féminin, masculin", 2004

Les qualités considérées comme traditionnellement viriles sont la force physique, l'autorité, l'agressivité.

Ces qualités sont remises en question tout au long du XXe siècle et encore plus après 68 et le féminisme.

Cette remise en question ne va pas se faire de la même manière selon le milieu social.
Ainsi, les repères identitaires ont été bouleversés pour les hommes des classes populaires, estiment les sociologues Welzer-Lang, 1992, et Singly, 1993.
En revanche, les hommes des classes supérieures s'y adaptaient plus facilement.

dimanche 7 juin 2009

Première alpiniste

Dans un livre de 1961 sur les femmes célèbres, on peut lire à propos d'Henriette D'Angeville (1794-1872).

Elle découvre la "grande montagne" à l'âge de 44 ans.

"Il fallait certes de l'audace pour commencer une carrière alpine à cet âge, mais il en fallait encore bien plus pour être une alpiniste, dans un temps où les femmes d'un certain rang, ligotées par les préjugés, ne pouvaient se permettre que des activités mondaines, littéraires ou familiales".

"Des bastions masculins sont tombés, d'autres sont fortement menacés", selon la sociologue Michèle Ferrand

"Même si la domination masculine semble s'être atténuée, elle n'a pas disparu", Ferrand.

Qu'est ce qui explique cette contradiction ? Cette lenteur ?

Esther Duflo, économiste, (la plus jeune) professseur au Collège de France : "Mais pourquoi les garçons ont-ils plus confiance en eux ? Une explication possible est que les filles ne sont pas encouragées à se montrer compétitives. Dans de nombreuses circonstances, une femme ambitieuse ou compétitive est considérée comme «non féminine», en rupture avec son rôle traditionnel.
... Si les femmes sont implicitement associées à la sphère privée et à la position dominée, les femmes dirigeantes font face à un double handicap : soit elles se conforment à l'idéal traditionnel féminin, auquel cas elles ne peuvent pas être perçues comme des leaders compétents ; soit elles se conforment à l'idéal du leader, auquel cas elles sont pénalisées pour ne pas correspondre à l'idéal traditionnel de la femme («Qui va garder les enfants ?»).
"La femme et le plafond de verre", Libération, 27.11.2006

samedi 6 juin 2009

Masculin, féminin, (F. Héritier)

"Les valeurs masculines, quelles qu'elles soient, sont valorisées, et les valeurs féminines dévalorisées."

Exemple : actif, passif

"En Europe, l'activité est une valeur masculine et la passivité une valeur féminine. L'activité, valeur masculine, associée à la maîtrise du monde et à l'emprise sur les choses, a été valorisée.

Dans les société hindoue et chinoise, c'est au contraire la passivité qui est associée au masculin et l'activité au féminin. Malgré cette inversion, le masculin a été valorisé : la passivité des hommes correspond à la maîtrise de soi, des affects et des désirs. L'activité des femmes est associée à une agitation déréglée."

vendredi 5 juin 2009

"Dès l'enfance, on assigne les individus à leur sexe" F. Héritier

"Malgrè les lois et les conquêtes, rien n'a changé en profondeur."
Le Monde 09.05.09

jeudi 4 juin 2009

"Les hommes et les femmes ont les mêmes capacités", Françoise Héritier

La hiérarchie des sexes est un fait culturel majeur de l'histoire de l'humanité selon l'anthropologue Françoise Héritier.

"La domination masculine a été la règle dans toutes les sociétés humaines.

En fait, les hommes et les femmes ont les mêmes capacités, tant physiques qu'intellectuelles," Françoise Héritier.

mercredi 3 juin 2009

Genre, gender, sexe, biologie, culture, construction

Le genre nous dit Judith Butler permet aux USA de ne pas confondre le biologique et le social. Le mot gender (genre) correspond au vécu culturel et sociologique de chacun (la masculinité et la féminité). Butler ajoute qu'en France on mélange la biologie et la culture.

Question de regard, de goût, d'intérêt, d'expérience, etc.

Le regard sur la motarde est variable. L'étiquette qu'on lui colle aussi.

La famille. Une mère va interdire sa fille de passer le permis, une autre va l'encourager, etc.
Un mari va encourager sa femme dans sa pratique, un autre va être réticent, etc.
Au travail. Un collègue va avoir de l'admiration pour la motarde, un autre va en être indifférent, etc.
Dans la rue. Le regard de quelqu'un dans la rue va être curieux, un autre va passer son chemin sans rien voir, etc.
L'image de la motarde. On pourra entendre "une motarde est plus prudente", ou "c'est bien de voir des femmes qui font de la moto", ou "qu'est ce que vous voulez que je vous dise, chacun est libre de faire ce qu'il veut" ou "une motarde, c'est forcément une "goudou"" ou "une motarde, si elle sexy c'est encore mieux", etc.

Le regard de la motarde sur sa pratique est également variable.

Le poids de la moto. La moto est trop lourde pour certaines, pour d'autres le poids n'est pas évoqué comme un obstacle, etc.
La hauteur de selle. La moto est trop haute pour certaines, pour d'autre la hauteur n'est pas évoqué comme un obstacle, etc.
La mécanique. Pour certaines, la mécanique est importante et elles la connaissent bien. Pour d'autres la mécanique, elles s'en moquent. Pour d'autres encore, la mécanique, c'est bien mais elles ne connaissent pas, etc.
Genre, féminité. Pour certaines, il est important de garder sa féminité, pour d'autres, il n'est pas question de féminité, et pour d'autres encore, elles ne l'expriment pas par les mêmes voies.
Pour certaines, la moto, c'est le voyage, pour d'autres, la moto, c'est le circuit, pour d'autres encore, la moto, c'est pour aller bosser, etc.
Pour certaines, la vitesse est grisante, pour d'autres, la vitesse, elles s'en moquent, etc.

Je pourrais continuer longtemps. Il existe des milliers de façons de "pratiquer" la moto en tant que femme.

Considérant les chiffres des motardes, toujours minoritaires, il reste à savoir dans quelles mesures le regard (ou la représentation) est globalement moins favorable à la pratique de la moto par les femmes ?

mardi 2 juin 2009

Défaire quel genre ? Affirmer quel genre ? Que devient le genre ?

Pour reprendre le titre de Butler "défaire le genre".

Paradoxe : les femmes sont minoritaires dans la moto.

Hypothèse : les stéréotypes de genre ou les contraintes de genre rendent possible leur faible présence et pèsent sur leurs choix.

Cependant, la motarde comme la femme est un être unique, un individu libre.
Il n'y a pas Une femme ou La femme ou Une motarde ou La motarde.

Il existe des individus plus ou moins affranchis des normes de genre.

Il existe aussi une dynamique du genre ou les catégories "masculin/féminin" sont floues et en mouvement.

Donc d'un côté, le "genre" nous oriente dans nos choix et nos décisions, de l'autre nous composons notre "genre".

Il y a à la fois quelque chose de statique et à la fois quelque chose de dynamique.

La question a un aspect paradoxal, entre déterminisme ou non des "normes de genre" sur un individu.

Paradoxe entre le fait qu'un individu est libre c'est-à-dire qu'il choisit, qu'il est acteur de sa vie. Il y a autant de différences entre femmes qu'entre femmes et hommes.

ET le fait qu'un individu s'inscrit et évolue dans une société qui va lui assigner un certain nombre de normes. Par exemple, les normes de genre, même si le genre est quelque chose de dynamique et de construit.

Autrement dit, le fait qu'une femme fasse de la moto n'est pas "dans l'ordre des choses" : sur les 30 dernières années, les femmes motardes sont passées de 11 à 14 %.

En revanche, il est ordinaire qu'une femme fasse de la moto car elle est un être unique, libre de ses choix : sur 40 ans les femmes motardes sont passés de 1% à 14 %.

Aujourd'hui, certaines femmes motardes disent affirmer leur "féminité" à travers la moto. Après avoir "défait leur genre", elles affirment un autre genre. On devient donc parfois le genre que l'on se donne.

Evolutions d'un côté, blocages de l'autre, voire "plafond de verre". Cette "réappropriation du genre", cette "domestication du genre" laisse cependant imaginer une ouverture, un nouvel essor des motardes.

lundi 1 juin 2009

Années 70, chiffres sur les motardes

422 femmes ont passé le permis A en 1970. Et 26 707 hommes. Total : 27 129 en 70.

1970 : 422 femmes (hommes 26 707)
1971 : 1 321 (hommes 41 721)
1972 : 2 184
1973 : 2 618
1975 : 2 440
1976 : 2 415
1977 : 3 169
1978 : 3 754
1979 : 5 965 (hommes 68 501)

Source : service national des examens du permis de conduire

Nombre de permis A pour les femmes (direction de la sécurité et de la circulation routières)

1980 : 7255
1985 : 5 077
1990 : 8 345
1995 : 12 858
2000 : 11 690

2001 : 11 604
2002 : 11 947
2003 : 11 775
2004 : 11 636
2005 : 11 156
2006 : 11 341 (84 733 hommes)

Retour sur "féminité" et moto, Extraits d'un blog

Voilà ce que j'ai trouvé sur le sujet.

"Motarde élégante", non "camionneuse", "longs cheveux, souplesse, volume et brillance", "maquillage", "ongles manucurés", "jolies mains", "tailleur", "jupe", "sac à main", etc.

Extraits :
http://flatfab.wordpress.com/2008/07/24/working-girl-on-a-bike-mode-demploi/

24 juillet 2008...2:18
“Working girl on a bike” : mode d’emploi


"A l’instar des hommes, de plus en plus de femmes actives choisissent le deux-roues pour se rendre à leur travail, voire se déplacer tout au long de la journée. Mais comment concilier les contraintes de la sécurité à moto ou en scooter avec les impératifs d’une bonne présentation ou tout simplement d’un minimum de féminité ?
Au-delà de la qualité et de l’aspect des équipements moto pour lesquels hommes et femmes peuvent faire des choix identiques, le souci de rester féminine au guidon dépend aussi de petites astuces, de finitions et d’accessoires qui feront la motarde élégante et non une camionneuse.
Quelle motarde n’a jamais rêvé de connaître le truc des stars de cinéma qui enlèvent leur casque et secouent en tous sens leurs longs cheveux qui retrouvent instantanément souplesse, volume et brillance ? C’est simple : elles ne font pas de moto !Dans la vraie vie, rester impeccable et fraîche après un trajet à moto relève de la gageure.
Pour les cheveux
Pas d’illusion : il est presque impossible de conserver son brushing après plus de 30 minutes sous le casque. Mais des solutions existent pour limiter les dégâts. Si vous ne voulez pas rejoindre le clan des motardes aux cheveux courts, il faut protéger au maximum vos pointes.
Règle d’or : ne jamais les laisser libres ! De longs cheveux lâchés flottent au vent, s’emmêlent, se dessèchent et deviennent cassants. Alors attachez-les comme il vous plaira, en natte, en tresses, en queue de cheval… Gardez-les sous le casque, ou dans le col du blouson, sous un foulard, un tour de cou ou une écharpe. Et pensez à emmener dans la poche une brosse à cheveux pliante !
Reste une contrainte intangible : le casque. Les cheveux n’apprécient pas de rester enfermés, compressés sous cet équipement obligatoire et fondamental pour notre sécurité. En plus, quand on met et enlève le casque, le frottement des cheveux sur les mousses crée de l’électricité statique qui bouleverse la coiffure la plus tenace.Certaines motardes intercalent un fichu de soie, une cagoule ou un fin bonnet, d’autres utilisent le Panama de Tucano Urbano. C’est un sous-casque en osier qui s’adapte à tous les casques, jet ou intégral. Son cannage crée un espace d’air pour plus de fraîcheur et d’hygiène et évite l’électricité statique. Prix fabricant: 11,50 euros.
Si vous en êtes encore à l’heure du choix, veillez à acheter un casque le plus aéré et ventilé possible, avec toutes les mousses démontables (pas seulement celles des joues).
Pour vos cheveux comme pour la peau de votre visage, il faut veiller à conserver une propreté optimale des mousses intérieures de votre casque, en les nettoyant fréquemment avec de l’eau savonneuse (au savon de Marseille), mais surtout pas de produits type « nettoyant tapis et moquette » qui contiennent des substances chimiques nocives pour la peau.
Si malgré toutes ces précautions, vos cheveux persistent à ressortir du casque en désordre, il ne vous reste plus qu’à les remettre en état, par exemple avec une cire de coiffure.
Une belle chevelure s’entretient aussi… à table. Les aliments qui contiennent des protéines, du fer, du zinc et des vitamines du groupe B favorisent la synthèse de la kératine, donc la bonne santé et la résistance du cheveu. La viande, le poisson mais aussi les légumes en contiennent. Selon les dermatologues, les protéines d’origine animale sont meilleures pour les cheveux que celles d’origine végétale. Le fer contenu dans les viandes et les poissons est mieux absorbé par l’organisme que celui que l’on trouve dans les céréales, les légumes secs ou les produits laitiers.
Pour le maquillage
Là non plus, pas de miracle : il faut faire léger !Les mousses de casque s’accommodent mal des épaisses couches de fond de teint. Si vous devez absolument vous maquiller, faites-le si possible après être arrivée sur votre lieu de travail. Ou alors, choisissez un maquillage léger, avec un fond de teint transparent et le moins de blush possible. Le mieux est d’éviter toute crème ou poudre sur les joues et de ne maquiller que les yeux et les lèvres.
Proscrivez les crèmes grasses et privilégiez les produits “waterproof” : le vent relatif et le grand air font toujours pleurer un peu les yeux et donc couler tout rimmel, khôl ou mascara qui ne serait pas résistant à l’eau. Sans parler de la pluie.Une solution retenue par certaines motardes au quotidien est le tatouage permanent d’un contour des yeux, à faire réaliser par un dermatologue avec suivi médical.Si vous portez un casque jet sans visière, une solution pour vous protéger les yeux : demandez à un opticien des lunettes de protection de laboratoire anti-projections.
Rester sèche pour rester belleLe vent, les poussières, mais surtout la pluie et l’eau qui s’infiltre partout constituent les pires ennemis des motardes, surtout pour leur maquillage.
Il faut avant tout se protéger des infiltrations d’eau. Choisissez un casque avec un écran bien verrouillé et des joints d’étanchéité performants, que vous entretiendrez régulièrement en passant dessus une fine couche de silicone. Afin de ne pas avoir à ouvrir le casque sous la pluie, il faut éviter toute formation de buée. Le double écran « pinlock » reste la meilleure solution, mais il existe aussi des films antibuée ou des liquides à étaler ou pulvériser sur l’intérieur de l’écran.
Prévoyez aussi une veste ou surveste de pluie, avec un col qui monte bien haut.Pour devenir une petite sirène bien visible sous la pluie, je conseille la veste Spidi Sirena Lady (en version jaune fluo avec de vastes zones réfléchissantes en gris argent). Et pour éviter le “total look DDE”, elle se combine avec le pantalon Spidi Quick, noir mais avec des zips jaunes sur toute la longueur des jambes, pratiques pour l’enfiler rapidement.
Côté maquillage, prendre des cosmétiques waterproof et se maquiller avant de partir, mais pas trop.Pas toujours évident de trouver tous les éléments du maquillage en “waterproof”, alors n’hésitez pas à chercher en dehors de vos produits habituels, à aller demander conseil en magasin spécialisé, voire à tenter au moins une fois le maquillage par des professionnels.
Une fois le casque enlevé, prévoyez un petit nécessaire de maquillage pour les retouches devant la rétro, avec lingettes démaquillantes, cotons-tiges, crayon pour les yeux, mascara, rouge à lèvres…
Pour les mains
Soyons clairs : oubliez les ongles très longs et plus encore les faux ongles (qui sont encore plus durs que votre kératine naturelle) ! Il est possible de conserver les ongles manucurés dans des gants de moto, mais leur longueur ne devra pas dépasser 5 mm et sans les tailler pointus. Bien entendu, cela implique de choisir des gants une taille au-dessus.
Surveillez de temps en temps l’intérieur de vos gants : retournez-les, vous vous apercevrez que les ongles en usent progressivement la doublure. A vérifier avant que les gants ne perdent leur étanchéité. Si vous devez acheter une nouvelle paire, faites attention à la couture en bout de doigt, souvent inconfortable avec des ongles longs.
Pour garder de jolies mains, il est indispensable de conserver l’intérieur des gants ultra-propre. Pensez à vous laver les mains à chaque fois avant de les enfiler, au besoin avec un savon liquide sans eau. Et nettoyez vos gants au moins une fois par an, toujours avec de l’eau tiède savonneuse. Laissez-les sécher au grand air, si possible au soleil, mais pas sur un radiateur et pas au sèche-cheveux.
Pour les bijoux
Ici encore, la sobriété est préférable. Mais pas obligatoire…De fait, on peut porter des bijoux à moto, mais pas n’importe lesquels. Difficile de caser une énorme bague sous le gant ! Si vous portez un gros anneau, un bracelet volumineux, des boucles d’oreille géantes, il faudra les enlever le temps du trajet et les remettre à l’arrivée.
Facile pour un bracelet ou un collier, plus compliqué pour les boucles d’oreille, le cauchemar de bien des motardes. Qui n’a jamais perdu une boucle arrachée par le casque ? Si vous renoncez aux “clips”, tâchez de trouver un modèle de boucle d’oreille doté d’un fermoir particulièrement solide.Autre solution, porter soit un bonnet, soit un masque en néoprène qui couvre les oreilles et les protège du frottement du casque. Il faut aimer le look “Hannibal Lecter”, mais cela ne se voit pas sous un casque intégral…
Pour le sac à main
Là où les hommes se contentent de trois poches (pour le portefeuille, le téléphone portable et les clefs), les femmes ont besoin de bien plus de place, d’où le sacro-saint sac à main. Une motarde “active” ne saurait bien entendu s’en passer, mais où le transporter ? La sacoche de réservoir est pratique, mais il faut ensuite la transporter, on ne peut pas la laisser sur la moto, cela fait encore un objet de plus à trimbaler.La plupart choisissent la solution la plus simple : le top-case, qui permet également de ranger une tenue de pluie, des chaussures de rechange, un éventuel ordinateur portable, etc.
Pour celles qui se refusent à altérer la ligne de leur bécane, il reste la solution du sac à dos.Soubirac en propose deux modèles spécial moto (mais unisexe), fonctionnels, étanches et déperlants (avec en plus une housse de pluie rabattable, intégrée dans une poche), avec une poche rembourrée pour PC portable : le S-Bag 002 se porte en bandoulière (69 €) et le S-Bag 001 en sac à dos (avec bretelles amovibles et anse, 99 €).
On peut aussi opter pour un sac à dos à coque renforcée, comme ceux d’Axio (entre 140 euros et 200 euros selon le modèle) ou de GoBag : le Megalopolis (de 169 à 249 euros, 16 coloris disponibles), ou, plus féminin, le Scorpia (2 coloris, de 79 à 99 €).
Pour les vêtements
Si vous tenez à porter une tenue résolument féminine, il faudra vous résoudre à vous changer avant et après chaque trajet à moto, donc à prévoir un endroit adéquat.
Pour passer de la tenue de cuir au tailleur, prévoir un vaste sac à dos et des tenues infroissables. Si vous n’avez que peu de capacité de rangement, enfilez juste un pantalon de pluie par-dessus votre jupe, il se plie facilement et prend peu de place.
Méfiez-vous des manches trois-quarts dont l’emmanchure viendra se placer dans la pliure du bras et créer un bourrelet gênant.
Quant aux pieds, si vous renoncez aux bottes de moto, il existe des protections de chaussures qui éviteront la marque du sélecteur sur vos escarpins. L’équipementier italien Tucano Urbano propose à la fois un “protège-sélecteur” en forme de toucan, très sympa, et un “protège-chaussure”.
Si vous aimez les pantalons évasés, prudence : le revers se prend souvent dans le repose-pied, idéal pour chuter toute seule lors des arrêts aux feux rouges. Mettez un petit élastique pour serrer vos bas de pantalon autour de la cheville.
Pour l’équipement moto
Plusieurs marques ont développé des gammes de vêtements adaptés aux motardes qui ne veulent pas de blanc ou de rose fluo. Citons principalement les français Segura et Soubirac, les italiens Spidi et Tucano Urbano.
Chez Tucano Urbano, spécialiste de l’équipement urbain, nous avons notamment apprécié:
la veste Urbana Lady (en rouge, gris moyen ou marron, 4 tailles du XS au L),
la veste longue Bora (en noir, vert, rouge ou sable, en 5 tailles du 38 au 46), combinables avec le pantalon étanche Panta Urbis (en noir, du XS au XXL).
la veste « trench » Tucanji, dont la nouvelle version s’appelle « Lady T » (déclinée en noir ou blanc cassé, en attendant les 6 autres coloris de l’ancienne version, et en 4 tailles du 38 au 44) pour son style très élégant, pas du tout typé « moto » (attention, livrée sans protections), avec un col et des emmanchures en velours, mais aussi un tissu infroissable qui tient bien au lavage, une doublure respirante, une fine bande réfléchissante dans le dos et le long des manches, et des poches pour des renforts (en option).
Pour un équipement plus routier, préférez la veste Segura Lady T Grace (en SoftShell, noir seulement, taille 0 à 5) ou la veste Spidi Vanity (en Tactel, noir ou blanc, avec ventilations et zips d’ajustement aux hanches, tailles XS à XL).
Pour les bottes, il n’est pas facile de trouver le meilleur compromis possible entre robustesse, confort et féminité. Nous avons choisi des modèles éprouvés, les Mary et Julia chez IXS, les Darling de Soubirac, et les Vendramini Déesse.
Au rayon gants, deux produits se distinguent, les Lady Morgan de Tucano Urbano et les Monster de Rev’It, premiers gants conçus exclusivement pour les doigts fins de femme.
Il peut être utile d’équiper sa moto d’un top-case pour y fourrer casque, gants, combinaison de pluie, voire blouson pour avoir l’air plus légère et moins motarde, du moins quand on n’est pas sur la moto.
Et pour sortir ?
La plupart des femmes actives peuvent se permettre d’aller au travail en pantalon, mais pour une petite sortie en soirée, une tenue plus féminine peut s’avérer plus indiquée. Le port d’une robe ou d’une jupe reste toutefois délicat à moto… Soit vous avez une jupe en tissu infroissable et enfilez un pantalon ample de pluie par dessus, soit vous emportez de quoi vous changer dans les toilettes du restaurant, par exemple.
Pour le haut, il est facile de porter un joli chemisier, un top ou une tunique tout à fait féminine sous le blouson de cuir. Les chaussures peuvent être emmenées dans un sac à dos ou le top-case pour se changer à l’arrivée. Et quid des sous-vêtements ? Sur la route, les strings ont tendance à couper ou irriter. Le plus confortable reste le boxer et autres shorties – plus ou moins échancrés.

Motarde et élégante ? C’est possible !

Le temps où les motardes devaient se contenter de s’équiper avec les petites tailles des vêtements moto pour hommes est révolu. Aujourd’hui, non seulement les équipements pour dames répondent aux besoins sécuritaires et pratiques, mais ils parviennent à mettre en valeur leur silhouette.
Les équipements de protection pour motards existent depuis plusieurs décennies, mais jusque dans les années 1990, l’utilisation d’une moto restait un domaine presque exclusivement masculin. Il était alors logique que les équipementiers s’alignent sur les besoins et les formes des messieurs, les dames désireuses de vivre la liberté sur deux roues étant dès lors contraintes de se glisser tant bien que mal dans des combis qui ne leur étaient pas destinées.
Les plus graciles d’entre elles parvenaient à s’en sortir en portant leur choix sur des équipements en taille ado. Mais comme chacun le sait, un corps féminin est construit différemment de celui d’un homme, et l’ajustage coinçait à certains endroits, ce qui se répercutait tant sur la sécurité que sur le confort.Les courbes féminines avaient beaucoup de mal à se glisser dans une veste pour homme, notamment au niveau des hanches et de la poitrine. Les protections tombaient aux mauvais endroits, devenaient pénibles et étaient souvent éliminées pour gagner en confort. Ici, les fringues étaient trop étriquées, là elles pendouillaient lamentablement…
Et puis les femmes sont entrées en force dans le monde de la moto. Plus seulement comme passagères, mais aussi comme conductrices.Avec la démocratisation du deux-roues et la présence croissante de femmes au guidon de motos et scooters de toutes cylindrées, l’industrie a dû répondre aux besoins des motardes. Elle a chargé ses stylistes de créer un large assortiment adapté à leurs besoins et goûts spécifiques: les femmes accordent en effet davantage d’importance à la sécurité et recherchent une protection optimale. Dans le même temps, elles n’oublient pas qu’un équipement ne doit pas seulement être adapté sur la moto, mais également lorsqu’on en descend.
Le temps a passé et les motardes disposent aujourd’hui d’un vaste choix d’équipements – pantalons, vestes et combinaisons – aux dimensions assorties côté taille, poitrine, fesses et épaules. Cet assortiment ne s’arrête pas là puisque le choix déborde en direction de bottes et de gants au look chic, de protections dorsales adaptées et, bien sûr, des équipements de loisir répondant au goût féminin.
Outre le sur-mesure, il existe en série des modèles adaptés aux deux sexes, que ce soit en matière de formes, de couleurs et de design. C’est particulièrement le cas chez les équipementiers haut de gamme, notamment l’allemand BMW et le suisse IXS, où le choix est le plus vaste (et les prix les plus élevés).D’autres fabricants, notamment italiens, avec Spidi et Tucano Urbano, se sont engouffrés dans la brèche et proposent depuis plusieurs années des gammes pour femmes substantielles, adaptées à la morphologie féminine et à leurs goûts, en matière de couleurs par exemple.Désolé de ne pas donner d’exemple, mais l’offre est aujourd’hui trop large et je ne peux pas tout tester, même avec l’aide de ma testeuse officielle et personnelle…
Les nouveaux équipements motards comportent désormais presque toujours une version pour femmes, quand les fabricants ne lancent pas des gammes ou des produits “ladies only”. Et ce n’est pas près de changer puisque les motardes sont de plus en plus nombreuses.
Je recommande par ailleurs à toutes les femmes désireuses de s’équiper de le faire dans un magasin spécialisé. Là, chaque souhait peut être traité par quelqu’un de compétent et, si nécessaire, des modifications pourront être définies lors de la commande et réalisées directement par le fournisseur.
Hélas, les boutiques spécialisées motarde en France se comptent sur les doigts de la main d’un manchot.
Le pionnier a été SDéesse (jeu de mots sur SDS, “sac de sable”, expression péjorative qui désigne en général la passagère servant de poids mort à l’arrière), tenue par Katia, une motarde d’expérience et une excellente vendeuse.Implanté depuis 2003 dans le traditionnel quartier moto autour de la place de la Bastille, le magasin se trouve un peu à l’écart des autres, près de l’intersection entre la rue Amelot et du boulevard Richard-Lenoir, en face d’un garage moto qui dispose de quelques places de stationnement pour deux-roues."

dimanche 31 mai 2009

Tolérance de la motarde ?

Selon la sociologue Catherine Louveau , les femmes violent un tabou quand elles s’arrogent certains aspects.
Sur le plan « personnel », lorsqu'elles vont sur cet espace de virilité qui est fait d’usages et d’images du corps. Exemple pour les boxeuses, lutteuses, joueuses de rugby. Ces femmes demeurent invisibles dans les médias.

Deux questions me viennent à l'esprit : afin de conduire une moto, les motardes s'approprient "une connaissance et un savoir-faire". Leurs corps n'est pas en jeu comme chez les boxeuses. On peut rapprocher ainsi la motarde de la navigatrice, comme Florence Arthaud, où il ne serait pas nécessaire d'avoir un corps d'une musculature imposante.

Cette marginilité de la motarde, si on peut la nommer ainsi puisque les femmes motardes restent minoritaires, serait-elle "tolérée" puisque le corps n'est pas sollicité comme au rugby ?

En revanche, concernant l'image du corps, ici celui de la motarde, cela est différent. L'équipement motard rend-il la femme plus "masculine" ? Et en cela, moins tolérée, et ce, malgrè l'évolution des coupes de vestes, des styles d'équipement, etc. ?

Si on compare la moto, le voilier, l'automobile et l'avion en tant qu'objets ou pratiques de sport ou de loisirs investis par des femmes, on voit que la moto a un aspect singulier.

A la différence des autres, la moto est un objet plus "viril", et parfois vu comme érotique et diabolique. Le côté sexy de la femme motarde peut parfois être mis en avant. J'ai déjà entendu, "si la motarde est sexy, c'est mieux". On peut faire le lien avec les images de Brigitte Bardot et de sa Harley. La moto est aussi vue comme une machine érotique et diabolique, notamment dans le film "la motocyclette", de Cardiff (1967), avec Marianne Faithfull et Alain Delon.

Au cinéma, dans les "biker movies" des années 50 et 60, la moto symbolise virilité, liberté, vitesse et contestation de l'ordre établi. Représentation bien éloignée de l'idéal du "mythe de la femme".

samedi 30 mai 2009

Mémoire de sociologie Frédéric Völker, 2001, Extraits

Au-delà de cette perspective, on peut se demander quelles sont les raisons qui exigent de l’individu en passe de devenir motard qu’il franchisse la frontière[79].

Malgré les contre-vérités produites régulièrement par la presse moto, il faut savoir que la pratique motocycliste est très largement masculine[80]. Quand elle ne l’est pas, la représentation féminine est le plus souvent le fait de conjointes de motards. Pourtant, et ce depuis les années 1970 et la libéralisation formelle et juridique de la division du travail entre les sexes, la presse ne manque pas d’enregistrer des évolutions fictives : « la moto chez les filles est en expansion », « elles ont su se faire admettre dans le milieu motard ». Par ailleurs, la presse est friande d’articles concernant les motardes impliquées en compétition, ou encore celles qui voyagent, telle « Anne-France Dautheville […] : seule femme parmi une centaine de motards, elle va rallier le Pakistan ». Le caractère exceptionnel de ces aventures féminines semble attirer l’œil du journaliste, simplement par sa rareté, son pittoresque. Par contre, ce qui est moins évident, c’est que la presse se sent presque toujours tenue d’ajouter que ces événements sont des signes avant coureurs d’une égalité grandissante, d’une intégration des femmes, bref, dès qu’il s’agit de femmes, il faut s’empresser de préciser que c’est le signe que nous nous dirigeons en chœur, presque main dans la main, vers le meilleur des mondes et la fraternité sans frontière. En fait, l’essentiel de ces déclarations sont, au mieux, des encouragements, au pire, des alibis qui ne visent qu’à rassurer les motards sur leur bon droit à pratiquer un loisir qui est en fait exclusivement destinée ou orientée vers des valeurs de virilité. A travers les exemples féminins, rares, les motards soucieux de bons principes peuvent se rassurer sur l’accessibilité formelle, théorique, de la moto à la gent féminine. En fait, il faudrait savoir s’il existe effectivement une volonté de la part des hommes à ce que les femmes participent aux aventures motocyclistes.

Si l’on considère qu’il existe un sens de la distinction chez les motards, on peut penser, que, de la même manière que l’accès des femmes à certaines professions peut-être un signe ou un facteur de déclassement, l’accès des femmes à la moto rendrait la pratique moins rare, moins exclusive et de ce fait moins prestigieuse, au moins bien sûr sous le rapport de la virilité. « Dans l’accroissement de la part des femmes s’exprime tout le devenir d’une profession, et en particulier la dévaluation absolue ou relative qui peut résulter des transformations de la nature et de l’organisation du travail lui-même »[81].

Pour ce qui concerne les motards, l’accès des femmes au sein de certaines bandes serait immanquablement perçu comme le signe d’un relâchement du niveau d’exigence. Les prophéties bien-pensantes des journalistes, n’engagent qu’eux-mêmes, et encore : quand il s’agit d’inclure effectivement une motarde, potentiellement moins téméraire, donc plus lente, dans une bande, les réticentes apparaissent forcément. La femme risque de compromettre par son « instinct de conservation[82] » l’émulation du groupe qui repose sur la témérité comme valeur première ; elle est un facteur de perturbation, on pourrait même dire un facteur d’anomie, dans la mesure où l’exaltation de la virilité repose essentiellement sur des démonstrations de force ostentatoires et qui trouvent seulement dans les autres motards masculins de la bande un public encourageant. Ces démonstrations sont faites pour conjurer les situations d’infériorité sociale dans laquelle les motards peuvent se sentir eux-mêmes et, étant donné qu’elles prennent souvent les femmes pour repoussoir, (car il faut toujours « en avoir dans le froc », « y aller aux couilles »[83], quand on est un « vrai » motard), une grande partie de l’humour et des performances mises en œuvre risquerait de laisser de marbre, de déclencher l’indifférence, au mieux l’attendrissement, au pire, l’hostilité, des femmes et ainsi de générer un malaise inacceptable dans une situation ludique destinée avant tout à rassurer tous les membres du groupe sur leur potentiel de virilité et partant, de séduction.

L’attendrissement, « l’atermoiement » des femmes risquerait en fait de dévoiler le fait essentiel que les poses et les postures de bravade (par exemple à l’égard de l’autorité et en particulier de la police sur les routes) peuvent coexister avec un conformisme profond pour tout ce qui touche aux hiérarchies instituées, notamment mais pas seulement entre les sexes ; et que la dureté ostentatoire qu’impose le respect motard n’exclut nullement une certaine nostalgie de la solidarité, voire de l’affection, mais, à la fois comblée et réprimée par les échanges hautement censurés de la bande, et qui s’exprime ou se trahit dans les moments d’abandon.

Retour sur les chiffres

Nombre de permis A pour les femmes (direction de la sécurité et de la circulation routières)

1980 : 7255
1985 : 5 077
1990 : 8 345
1995 : 12 858
2000 : 11 690

2001 : 11 604
2002 : 11 947
2003 : 11 775
2004 : 11 636
2005 : 11 156
2006 : 11 341

Construction et maintien de la "féminité"

"La sportive est tenue de faire la démonstration (sinon la preuve) de son identité en usant des artifices propres aux femmes : cheveux mis en forme, bijoux, maquillage ou ongles vernis." Catherine Louveau

Prédispositions ?

De façon générale, le goût des petites filles ne va pas pour les situations d'affrontements et de rivalités, nous explique C. Louveau.

On pourrait se demander si ce goût est encore transmis/construit/appris aujourd'hui aux petites filles ?

Quel choix ?

Catherine Louveau est sociologue du sport. On peut trouver dans ce champ de la sociologie du sport des pistes de réflexions pour nous aider dans notre recherche.

Une femme est-elle libre de pratiquer le sport de son choix ? Dans les pays occidentaux, cela ne prête guère à discussion : si les femmes s’investissent majoritairement dans les disciplines « gracieuses » et répugnent aux sports « virils », c’est que tel est leur choix. A y regarder de près, pourtant, cette propension n’est qu’une construction sociale, qui réglemente les représentations et les pratiques « acceptables » du corps, et perpétue la division des rôles. Aux hommes le « faire », aux femmes le « plaire ». Catherine Louveau (2000)

vendredi 29 mai 2009

Genre et sexualité

Aujourd'hui, la sexualité est plus autonome du genre, alors qu'auparavant la sexualité était censée découler du genre.

Débat que l'on peut découvrir dans certains manuels à propos des "gender studies".

Il y a ceux qui pensent que l'homosexualité va avec une rupture des normes de genre : les lesbiennes sont moins féminines que les femmes hétérosexuelles. (Magnus Hirschfeld).

Pour d'autres, en revanche, il y a de la part des lesbiennes une intensification du genre. Les lesbiennes sont plus féminines que les femmes. L'argument est que l'homosexualité réduit les contacts avec l'autre sexe. (Adolf Brand, Leo Bersani).

Plus de femmes lesbiennes motardes que de femmes hétéros motardes ?

Sur un forum :

"...monde de la moto semble rester très masculin et macho, ça serait intéressant de savoir si ce pourcentage est plus élevé chez les lesbiennes...?"

J'ai entendu aussi un autre truc du genre "une motarde, c'est forcément une lesbienne".

"Ou un danseur, c'est forcément un gay".

Cela pose la question du genre par rapport à la sexualité.

Désir de liberté

"in search in a better way of life", je viens de lire ça sur un forum.

Que cherche-t-on en conduisant une moto ?
Une quête de liberté, asexuée. Je pense qu'il faut que je revois "Easy rider".

Si la moto est une quête de liberté, est-ce une affaire de sexe, de classe sociale, de race, de religion ?

Pourquoi fait-on de la moto ?

jeudi 28 mai 2009

L'apport de Judith Butler

Dans "Défaire le genre", (2006), la philosophe américaine déconstruit le masculin et le féminin. Selon elle, on subit et on joue son genre.

"Un rôle écrit d'avance d'homme ou de femme que chacun incarne. Sans le savoir, chacun de nous est en représentation.
Pour certaines filles, les codes de la féminité sont : maquillage, chevelure, habillement. Ces codes ont été fabriqués en dehors d'elles à l'intérieur d'une culture "fille". Elles n'ont pas créé le rôle."

Le travail de Butler et les études sur le genre récusent l'idée commune que la hiérarchie entre les genres est "naturelle" ou "normale".

Avec Beauvoir, "on ne naît pas femme, on le devient" (1949), il y a séparation du sexe biologique et du sexe social : le genre.

Butler montre combien la construction de "la femme" passe par des apprentissages et des contraintes.

mercredi 27 mai 2009

Complexité de la socialisation sexuée, Nicolas Penin

Le travail de Nicolas Penin sur le goût du risque ou le sexe du risque est très intéressant.

L'amour du risque. 2004. Des modèles contradictoires


Selon le sociologue Nicolas Penin, "la socialisation sexuée passe par de nombreux canaux".

"Les femmes de risques connaissent certes une socialisation "peu conventionnelle" mais elles ne peuvent échapper totalement à ce "formidable travail de socialisation diffuse et continue" Bourdieu, 1998, qui tend à produire des individus sexués différenciés. Goffman, 1988, parle de "ritualisation de la féminité".


D'où l'inexistence d'un principe de socialisation unique et d'un "habitus masculin" comme schème unificateur de toutes les pratiques chez les pratiquantes de sports à risques".

Une femme peut donc pratiquer un sport à risque sans pour autant rejeter, par exemple, "l'influence socialisatrice maternelle".

D'où "l'incorporation d'un système de dispositions hétérogènes, parfois contradictoires", rajoute Penin.

mardi 26 mai 2009

La culpabilité des femmes ?

Je viens de lire ceci dans un quotidien national, d'octobre 2008. "Les femmes ressentent une forte culpabilité, bien plus que dans les années 70", selon la sociologue Michèle Ferrand.

Je rappelle que les femmes motardes sont passées de 1 % dans les années 70 à plus de 10 % en 1980. Et qu'ensuite les chiffres des femmes motardes se sont stabilisés à environ 13 % pendant presque 20 ans, jusqu'en 2006.

Que s'est-il donc passé durant ces 40 dernières années ?

Je lis plus loin :

"Au final, les femmes ont le sentiment de perdre sur tous les tableaux" (professionnel, familial...), toujours selon la sociologue du CNRS.

lundi 25 mai 2009

40 % de motardes Allemandes ?

Une pote motarde Allemande me dit ce matin : "je dirais au moins 40 % des motards allemands sont des femmes, comme ca, à vue de nez !!!!".
J'aimerai bien trouver les comparatifs en Europe.

dimanche 24 mai 2009

Les motardes, un groupe diversifié

Qu'il y a t'il de commun entre une motarde qui pilote une Harley, une motarde sur un roadster, une motarde sur une bmw... une motarde lesbienne, une motarde mariée, une motarde qui aime la vitesse, une motarde qui n'aime pas la vitesse, une motarde occidentale passionnée de moto qui voyage en moto en Orient, en Asie, une motarde qui roule le dimanche seulement, et non quand il pleut, une motarde boulangère et une motarde astrophysicienne... A priori, rien.

Et d'ailleurs, quel sens peut avoir cette question ? Pour montrer quoi ?

Que toutes les femmes motardes, tout comme les femmes d'ailleurs n'ont parfois rien à voir entre elles ?

Que si seulement 15 % des femmes choisissent de faire de la moto par rapport aux hommes, cela a t il un lien avec le choix des femmes pour le tricot ? Toutes les femmes ne font pas du tricot parce qu'elles sont femmes. Ou tous les hommes ne font pas de la moto parce qu'ils sont des hommes...?

Si l'astrophysicienne motarde est passionnée de circuit comme la boulangère motarde, alors là, un autre type de lien se crée.

Quand une motarde me dit quelque chose du genre "les femmes n'ont pas forcément le goût de faire de la moto". Que faut il entendre ?

Que les hommes en ont forcément le goût ? Dans les chiffres, les hommes préfèrent la voiture par rapport à la moto.

vendredi 15 mai 2009

Taux de féminité

"Sur ce taux de féminité, la comparaison internationale serait peut-être utile, mais j'ai aucune idée de l'endroit où on peut trouver les chiffres." Denis

J'ai demandé (par mail) ce taux à la FEMA (Federation of European Motorcyclists Associations). Elle ne l'avait pas et m'a renvoyé des liens par pays (sites de statistiques nationaux de l'UE dans les langues locales). Trouver des chiffres demande beaucoup de temps.

"Féminité" et moto

Une motarde me disait "la moto me permet d'affirmer ma féminité".

J'avais trouvé ça étonnant à l'époque car je voyais la moto comme quelque chose de très "masculin", viril.

Mais bon, comme après, j'ai su qu'il fallait déconstruire les catégories "masculin/féminin"...

On voit de plus en plus de femmes "revendiquer" une certaine forme de "féminité". Sur les forums de motardes, on lit même des choses sur le sujet.

Comme une affirmation du genre. Quelque chose comme "faire de la moto me permet d'être une femme".

Ca me fait penser à une autre "image", celle de "une femme motarde, c'est "sexy"". D'une certaine façon, la moto renforcerait un trait de la femme séductrice pour certaines motardes ? La femme motarde "sexy" s'opposerait à la femme motarde "masculine" qui bénéficierait d'une image moins valorisante ? Moins valorisante pour qui ?

jeudi 14 mai 2009

Chiffres et lenteur de la progression des motardes sur presque 20 ans, deux fois moins que durant la décennie des années 70

"Et peut-être qu'avant de se demander pourquoi le taux de féminité progresse très lentement depuis 1980,il faut se demander pourquoi on est passé de 1% à 10% entre 1970 et 1980." Denis

Bien sûr. Je me suis posée la même question.

Autre chose : comme me l'a fait remarqué mon prof de guitare, un motard, le nombre de permis délivrés pose un autre problème. On peut très bien avoir son permis, et ne pas avoir de moto. On peut très bien avoir un permis et une moto et ne jamais rouler. J'avais déjà réfléchi à cela. C'est effectivement quelque chose à laquelle il faut penser.

"Hétérocentrisme"

Revenons un peu sur "l'hétérocentrisme".
http://www.titem.fr/?p=842

Un étudiant de l'IEP Rennes a écrit ceci :

"La question n’est pas de savoir si oui ou non les hommes ont de tout temps été hétéros (personne ne le contredit ni le dénonce), mais bien de savoir comment l’hétérosexualité s’est culturellement construite dans nos sociétés, et de quelle manière. Quelles sont les représentations du couple masculin/féminin, comment ont-elles évolué dans le temps ? En quoi l’hétérosexualité passe aujourd’hui pour un modèle incontournable, exclusif, à l’exception de tous les autres, stigmatisant une partie de la population, jugée “déviante” ?

Dénoncer par conséquent cet hétérocentrisme, ce n’est pas vouloir remettre en cause l’hétérosexualité, ou vouloir imposer l’homosexualité (dans quel but ? tout cela est ridicule !), mais de dénoncer son caractère impératif. Judith Butler, dans Trouble dans le Genre, regrettait que l’hétérocentrisme soit à ce point ancré dans nos sociétés qu’il nuit à la diversité des relations humaines, sexuelles ou non, ce qui fait la richesse de notre espèce."


Intéressant. Faut que je fouille du côté de la philosophe Judith Butler.

Hauteur de selle

Je reviens sur la hauteur de selle.
Je disais :
"la selle se règle au plus bas (plusieurs niveaux) sur certains modèles de motos (pour les femmes de petite taille).

De plus, toutes les femmes de petite taille ne choisissent pas forcément des modèles où les selles sont basses.

On peut très bien imaginer que des femmes ne sont pas génées par la hauteur de selle. On peut tout aussi bien se sentir à "l'aise" sur un modèle plus haut. Ce n'est pas une question de sexe. C'est assez subjectif.

Ca dépend aussi de l'usage de la moto, etc. Pour une manoeuvre où l'on déplace la moto vers l'arrière en étant sur la moto, cela peut gêner certaines de ne pas avoir les pieds au sol mais d'autres n'en seront pas gênées. D'autres contourneront le problème et reculeront la moto en position debout. D'autres encore se feront aider par un tiers, etc.

mercredi 13 mai 2009

Déconstruction des catégories : "masculin/féminin"

Je dois interroger les catégories "masculin", "féminin". Il me faut voir du côté des travaux des sociologues qui déconstruisent l'"hétérocentrisme". Ces travaux sont davantage anglo-saxons que français.

Chiffres et hypothèses

Je viens de voir un chiffre sur une dépêche AFP de février 2007 concernant l’orientation au lycée selon le sexe. Pour le CES (Conseil économique et social), les stéréotypes socioculturels pèsent encore sur le choix des filières. En 1999 on est à 42 % de filles en terminale scientifique et en 2005, on passe à 45 %. Evolution très lente et très faible, étonnement similaire des motardes.

Un copain étudiant et motard, qui a bossé sur les motards, m’a donné des chiffres ce matin provenant du ministère de l’équipement et transports.

En 1980, sur 73 731 permis A, 7 255 sont des femmes.
En 2006, sur 96 074 permis A, 11 341 sont des femmes.
Source : Direction de la sécurité et de la circulation routières

Je me rends compte que mes hypothèses ou question de départ changent.
De « Femmes motardes : une déviance ? », je passe à « De plus en plus de femmes font de la moto. Qu’est ce qui rend possible l’essor des motardes ? » pour finalement être « En 20 ans le nombre des femmes motardes est stabilisé aux environs de 14 %. Existe-t-il un « plafond de verre » applicable au domaine de la moto ? »

mardi 12 mai 2009

Contexte

Mon sujet sur les femmes motardes n'a jamais été abordé en sociologie.
Je suis moi-même motarde depuis 1991, et je m'interroge sur l'arrivée des femmes dans cet univers d'hommes.

Je voudrais savoir combien de femmes ont passé leur permis en 2008. J'ai l'impression qu'elles sont de plus en plus nombreuses. Par ailleurs, elles investissent de plus en plus les forums de moto au féminin.

Qu'est ce qui a favorisé cette arrivée des motardes ?

L'émancipation croissante de la femme, mouvement qui ne cesse de grandir depuis les années 60.

Le regard de la société, entend-on dire aussi, mais que signifie-t'il au juste ? La moto ne serait plus un obstacle face à la féminité ? Mais c'est quoi au juste cette féminité ? La motarde pourrait concilier la sécurité et la féminité, entend-on également. Les équipements se sont adaptés à la demande et proposent des coupes spécifiques féminines. On entend aussi "une motarde c'est sexy".

A côté des causes sociales il y a des raisons techniques. La moto est plus légère (pour celles qui ne souhaitent pas des motos lourdes) et plus fiable (pour celles qui n'y connaissent rien en mécanique, tout en sachant qu'on tombe moins en panne que dans les années 70), la selle se règle au plus bas sur certains modèles hauts (pour les femmes de petite taille).

En 2001, dans un mémoire de maîtrise de sociologie, Frédéric Völker, ( http://oma.chez.com/ ) écrit ceci, qui paraît aujourd'hui, 8 ans après, complètement à repenser, dans "L'existence sociale des motards".
" Un sondage (commandé en 1999, par l’hebdomadaire Moto-Journal à l’institut Louis Harris) qui propose divers qualificatifs au sujet de la femme motarde telle qu’on se l’imagine fait apparaître en tête « Indépendante », « Aventurière » et enfin, « Masculine ». La femme risquerait donc effectivement de perdre une part de son identité sociale, la part féminine, en s’adonnant à la pratique de la moto. La femme « masculine » qu’elle devient aux yeux des autres fait d’elle une non-femme, qui est susceptible de perturber la représentation que les motards se doivent de se faire d’eux-mêmes. La possibilité d’être confrontés à des femmes motardes, qui tiennent toujours, par des stratégies égalitaristes en fait mal venues, à se faire reconnaître par les hommes en adoptant leurs postures, est un facteur d’angoisse potentielle pour les hommes : « Ne croyez pas, vous motards, que nous sommes de vieilles grognons (…). Vous n’imaginez donc pas que des tas de nanas peinent pour se payer la monture de leur rêve ? Et que bien souvent, comme les motards, il faut qu’elles attendent plusieurs années, et enfin quand elles ont leur bête elles ne s’en servent pas comme des objets-frime, mais comme de vraies motardes : rouler par tous les temps, partager la vie des motards, faire toutes les concentres, aller aux G.P. et n’ayant pas peur de mettre leurs mains dans le cambouis. Croyez-nous, les motardes pures, ça existe. »[86]

On comprend mieux pourquoi, dès lors, le pourcentage de motardes reste marginal. Non seulement la femme motarde empêche l’homme motard de se sentir vrai-homme, c’est à dire homme masculin par opposition à la femme féminine, mais en outre elle s’expose à être considérée comme non-femme, c’est à dire femme masculine par opposition à la femme féminine. Tandis que la femme est toujours prisonnière de son genre sexuel, qu’elle reste toujours essentiellement une femme, l’homme est appelé à prouver sa virilité et sa masculinité, il est un homme en tant qu’il est une anti-femme, qu’il sait manifester son action, sa hauteur, sa constance (par opposition à la passivité et à la versatilité féminines).

Il est en devoir de signifier par une sorte de performance le fait qu’il se distingue toujours de la femme. Les défis de toute nature, sportifs ou autres, et en particulier ceux qui impliquent des risques, sont destinés à assurer au groupe son exclusivité, c’est-à-dire l’accès exclusif à des personnes prêtes à se sacrifier pour le groupe et notamment, en dernière analyse pour la possession de la femme. La virilité parfaite en tant qu’idéal impossible laisse aux hommes le perpétuel sentiment d’une fragilité de leur point d’honneur masculin. Ils cherchent toujours plus de virilité contre la vulnérabilité de la femme et de ses qualités associées à la faiblesse, comme dans le body-building par exemple ou les pratiques forcenées des sports produisant les signes visibles de la masculinité. La virilité est particulièrement exigeante devant les autres, dans les situations de groupe qui l’exaltent et qui trouvent du courage dans la forme de lâcheté qu’est la conformation aux pratiques du groupe.

En fait, l’homme risque en permanence de devenir femme s’il se relâche. Au contraire, les femmes ont, à la limite, leur faiblesse pour vertu, avec par exemple la qualité essentielle que constitue pour elles (ou plutôt pour les hommes) la douceur. Elles ont pour seule obligation l’attente, telles autant de Pénélope, et le devoir de valider l’efficacité des démonstrations viriles en accordant plus de crédit et de reconnaissance aux plus masculins, aux plus aventuriers, aux plus fous, aux plus orgueilleux sous le rapport du point d’honneur masculin. Elles appliquent en fait la valorisation de ce qui leur est rare, inaccessible, à la manière, caricaturale, de Groucho Marx quand il plaisante : « Qu’est-ce qu’un club dont je ne suis pas exclu ? ».

Ce faisant, en reconnaissant les modes de distinction proprement masculins et virils, même ceux qui les cantonnent à un rôle social dominé, les femmes encouragent les hommes à adopter les modalités d’existence du personnage « dur ».

La virilité ne peut alors s’exprimer, la plupart du temps, que dans la violence envers les autres, dans le fait d’être intransigeant, violent : la reconnaissance de la virilité suprême se trouve dans les manifestations de domination. « La virilité, on le voit, est une notion éminemment relationnelle, construite devant et pour les autres hommes et contre la féminité, dans une sorte de peur du féminin, et d’abord en soi-même. » (courrier moto-journal n° 237). Cette peur du féminin est intériorisée par les motards qui s’appliquent, même entre eux, par un effet d’inertie de leur habitus viril, à manifester ostensiblement leur distinction masculine.

On peut en effet parler d’habitus précoce et préconditionnant la pratique motocycliste dans la mesure où la disposition à adopter durablement la moto comme mode de déplacement suppose l’acceptation d’un certain nombre d’enjeux symboliques, souvent de nature guerrière, agonistique, voire cynégétique envers les femmes.

Les jeux socialement assignés aux enfants mâles (dont la forme par excellence est la guerre) et les rites qui instituent leur position dominante les préparent doublement aux jeux sociaux d’adultes, jeux pour la domination d’hommes-enfants que sont les hommes.

A l’opposé, les femmes, du fait qu’elles ont le privilège négatif de n’être pas dupes, pas « touchées » par ces jeux, s’en trouvent soit cantonnées à une simple solidarité affective soit à une distance totale, ce qui équivaut dans les deux cas, pour les hommes, à des attitudes de frivolité ou d’incapacité. Pour ce qui concerne la moto, il est donc logique qu’elles ne pratiquent pas dans la mesure où leur ambition est accordée à leurs possibilités ou même seulement à ce qu’on attend d’elles : les femmes vont « développer des incompétences » et se sentir incapables de faire ce qu’elles ne sont pas censées savoir-faire, sans même essayer.

Au bout du compte, soit les femmes voient d’un regard lucide les simples exaltations obsessionnelles du moi que composent en général les luttes des hommes qui ne cherchent heureusement, dans le cas de la moto, que la démonstration plutôt que la victoire absolue, soit elles ne participent à ces jeux de pouvoir que par l’intermédiaire de leurs hommes, par procuration, à défaut d’avoir à la fois l’habitus et la possibilité de se mettre en avant".